Une bière d’Orval, un orval, des orvaulx…

Orval_Violoncelle


C'est au fond d'un val

et parmi les veaux
qu'est fait l'Orval
le long de l'eau
et ce serait un mal
vraiment pas beau
si l'on ne passait d'un Orval
à des Orvaulx !


CEOTA

Une Orval, un Orval, un orval, une orval …
Des Orval, des Orvals, des Orvaux, des Orvaulx, des orvals, des orvaux, des orvaulx …
Débat sur la toile, débat et des hauts, des bas idéaux…

Quelques remarques lues sur le net…

  • Les noms propres ne prennent pas le pluriel
  • C’est une bière, donc une Orval.

La grammaire peut-elle répondre à cela ? À tout ?

Les expressions originelles pour dénommer les bières sont du type une bière de l’abbaye de Chimay.
Par contraction, ces expressions sont devenues une bière de Chimay, puis une chimay.

Dès ce moment, la bière porte le nom du lieu où elle est fabriquée. Doit-on considérer ce mot comme une marque ou comme un nom commun ?

  • Comme marque, ce mot prendra une majuscule est restera invariable,
  • comme nom commun, il s’écrira en minuscule et prendra le pluriel.

À priori (oui oui, «à» suivant la nouvelle orthographe), lorsque nous disons une chimay, nous utilisons le même raccourci que lorsque nous disons une Citroën.
Une automobile de monsieur Citroën … une Citroën.
Sauf que Citroën, comme beaucoup d’autres marques de voitures, est un nom de famille et non pas un nom de lieu.

Parmi les marques de fromage, celles qui sont d’origine d’un lieu ont une évolution similaire aux noms de bière.
Un fromage de Roquefort-sur-Soulzon est devenu un roquefort.
Ces noms de lieux sont devenus des noms communs pour désigner le fromage. D’où le fait que brie ne prend pas de majuscule.

Il en est de même des vins : un vin de Bourgogne est devenu un bourgogne.

Nous y voilà. Chimay, Westvleeteren deviennent des noms communs dans le cas de leur utilisation pour désigner la bière fabriquée en ce lieu.
À ce titre, ils prennent bien le pluriel : une chimay, des chimays; une westvleeteren, des westvleeterens, une jup… ah, non, on parle de bière.

Dans le cas de la bière d’Orval, il n’y a pas d’exception : une orval.

Sauf pour les gaumais!
Le gaumais est connu, voire reconnu, pour être un peu chauvin. Beaucoup de gaumais considèrent la bière d’Orval comme la meilleure bière du monde; sinon la seule bière du monde. Cela fait partie de l’humour local !

Ainsi, le gaumais considère que la bière d’Orval n’est pas une bière mais un nectar des dieux (cf. forum :  ORVAL , le nectar des dieux).

C’est pourquoi l’expression un nectar d’Orval devient par contraction un orval.

Quant au pluriel utilisé par les gaumais, il fait remonter les origines du nectar à une période légendaire de l’histoire, donc sans discussion possible puisque légendaire. L’ancien pluriel de val étant vaulx, le pluriel d’orval est orvaulx pour tout gaumais se reconnaissant comme tel. L’emploi du pluriel orvaulx est d’ailleurs appuyé sinon confirmé par le nom de la confrérie d’Orval : les Sossons d’orvaulx (cf. sossonsdorvaulx.be)

Mais bien sûr, les versions une orval et des orvals sont grammaticalement les plus légitimes, donc utilisées partout sans aucun remord. Seulement, en Gaume, on aime un peu trop boire un orval et deux orvaulx.

Pour terminer, voici une prière des Sossons et le chant de la CEOTA.

Notre Orval qui est au frais
Que ta mousse soit sanctifiée
Que ton verre vienne
Que ta distribution soit faite
Sur la table comme au bar
Donne nous aujourd’hui
Notre houblon quotidien
Pardonne-nous nos gueules de bois
Comme nous pardonnons aussi
A ceux qui boivent du coca
Ne nous soumets pas à la bière pression
Et délivre-nous de la soif
Car c’est à toi qu’appartiennent
Les bulles, l’arôme et la fraîcheur
Pour les siècles des siècles
AMEN(e) une tournée
(Sossons)

Enfants de Mathilde, nous chanterons le séculaire breuvage divin,
Et durant la nuit nous lèverons tous nos Galopins.
Folklore étudiant et Orvaulx, maintenant se sont rencontrés,
Devant la Sedes sapientiae et l'Université.
À jamais, nous poursuivrons animés par un semblable amour,
La quête vers le précieux Graal gaumais jusqu'au dernier jour.
Toujours amis pour s'aimer et s'entendre, nous rions et buvons.
Ce jus divin qui brille comme l'or, nous le louons.
Orval_Violoncelle
Sans aucun dédain tu t'imposes comme le plus précieux des nectars.
Couleur ambre, amertume et saveur ont forgé ta gloire.
Nous te buvons en Galopin, en Montgaillard ou simple verre
Accompagné d'un croûtu pain et du fromage des pères.
Boisson de la truite à l'anneau d'or, nous te boirons encore et encore.
Ni chaude ni éventée, tu seras fraîche ou tempérée.
Fleuron du savoir-faire trappiste, le Val d'or nous enivre de ses charmes,
Et nous unis pour toujours dans un silencieux vacarme.

CEOTA ( Confrérie Estudiantine de l'Ordre de la Truite à l'Anneau)
Le Chant officiel de la confrérie. Il a été écrit par les 3 fondateurs SB, OB et DC, et est chanté sur l'air d'un extrait du Rondeau du Divertimento N°1 -- KV 439b de Wolfgang Amadeus Mozart (en hommage au 250ème anniversaire de sa naissance lors de la création de la confrérie par Olivier Bresmal).

Références

Sossons d’Orvaulx : http://www.sossonsdorvaulx.be

CEOTA : cette confrérie n’a pas – à ce jour – de site. Plus tard, j’espère (je ne référence ni Ggl, ni FB).

Histoire de la bière d’Orval : http://orval.be/fr/50/Tradition-brassicole-a-Orval

Noms propres devenant noms communs :

Pluriel des noms propres :

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